...des traces que laisse le Temps sur mon âme

Marseille-Afghanistan, le temps d’un café

Dans Politique, Rencontre le août 5, 2009 à 6:39

Place Delibes - Marseille 8eme ArrodissementJ’ai été amené aujourd’hui à faire un détour par Marseille. Une ville dont  je commence à apprécier l’atmosphère méditerranéenne et cosmopolite de plus en plus.
En attendant d’avoir certains papiers d’une administration récalcitrante, je m’étais calé dans un café, en terrasse. Le dos au mur, sous l’ombre d’un bâtiment surtout, par ces temps chauds.
Il y avant quand même une brise qui venait d’Oran.
Je sirote un ‘café allongé’ en cherchant le journal local : La Provence. Non pas que ce soit un journal que j’affectionne particulièrement, mais il est très présent sur les tables des cafés et bistrots de la région du Sud.
Une occasion pour faire connaissance avec un professeur des écoles…Qui est né à Bougie (Bejaïa), et a fait un détour par l’Arabie Saoudite. Un type d’une apparence toute normale pour quelqu’un qui a vécu dans ce pays.
Il m’a intrigué par sa normalité intellectuelle, tant il avait un discours différent sur la vie là-bas. Il m’a raconté que les gens étaient très gentils et très hospitaliers. Ce qui ne me surprend pas trop, car je sais la nature arabe dans ces pratiques sociales.
Ce qui m’a amené à écrire ce post, est la conception qu’a cet homme sur l’Afghanistan…En somme, il fallait aider le peuple afghan à coup de bombes et/ou de frappe ‘chirurgicales’.
Étrange conception d’un professeur des écoles !
Donc après quelques phrases échangées, et surtout quelques réflexions échangées, je lui ai présenté des arguments qui vont dans le sens contraire. A savoir qu’il ne faut pas s’ingérer dans les affaires d’un pays, et laisser au gens le temps de faire leurs révolutions.
Et c’est là que je me suis rendu compte de l’impact que pouvait avoir une communication (propagande) d’État bien ficelée.
Ce qui me revient à l’esprit est justement l’argumentaire, ou plutôt les raisons qui – pour lui – justifiaient le recours à l’agression militaire : L’instruction des filles et l’abondance de l’Opium dans ce pays.
Deux arguments qui sont soit préfabriqués, soit gonflés par les média. Car à ma connaissance, le régime Taliban était (et est toujours) contre la culture d’Opium. Il faut dire que la production d’Opium a été multipliée par plus de 20-30 fois après l’avènement du Chah Massoud et de Hamid Karzaï.
Il ne s’agit pas précisément du régime Taliban (quoique c’est intéressant de s’attarder sur leurs revendication politiques en tant que parti et mouvement politique) mais des justifications qui ont mené à un débarquement totalement interdit par les lois internationales et humaine. Car il n’est pas encore avéré que le régime Taliban ait été d’une manière ou d’une autre complice des attentats de New York, et Ben Laden n’a pas été livré par les Talibans car selon eux, il n’existait pas de preuve de sa culpabilité (1 mois après !).
Donc quand un professeur des écoles alignent certaines idées de manière, il faut le dire, innocemment aléatoires (car dans une discussion verbale, qui ne laisse pas le temps à la réflexion poussée, et un choix pertinent et définitif des mots) l’on peut apprécier la chaos dans lequel s’entrechoque les idées les plus Com.
Dispenser la tolérance et le vivre-ensemble comme enseignement primordial et nécessaire, et prêcher l’ingérence la plus criminelle dans les affaires d’un pays étranger est à mon sens, de la bipolarité dans le meilleur des cas. Et dans le pire des cas, du cynisme et de la malveillance.
Il est vrai que le régime Taliban n’est pas exempte d’erreur ou de faux pas, mais il vient de l’Afghanistan, et non des USA ou d’Europe.
On a aussi discuté de la propagande de guerre à laquelle se livre l’OTAN et derrière les USA. Et il faut dire que l’on est en plein dans un film de Western américain. Avec, comme dans la vision de notre remarquable BHL, les bons démocrates et européanisés d’un coté, et de l’autre coté les hordes de barbares qui vivent dans les ténèbres…Drôle de vision du monde.
Pour clore ce post, je dirais simplement que l’on s’est séparé avec un simple ‘au plaisir’ et hop, direction l’Administration. J’y ais plus repensé à cette histoire, seulement une question se pose : Combien de personne qui se réclament des droits de l’homme et des idées des Lumières pensent que l’on a le droit et le devoir (dans notre posture d’États militairement puissants) d’apporter une aide forcée et militaire à des gens qui n’en veulent pas !?
L’Irak et l’Afghanistan prouvent chaque jours qu’il y a des gens (pas nécessairement des hordes de terroristes sanguinaires ou fanatiques) qui ne veulent pas de cette pilule amère enrobée par du miel.
On essayera un jour d’inverser les critères de jugements et les rapports de forces pour mieux comprendre de quoi il s’agit. Imaginez juste, par exemple, la Belgique et débarque militairement en France, dans le pays Basque pour libérer le Pays Basque ? Cela parait trop utopique ou simpliste ? Pas plus qu’un G.I qui n’est jamais sorti de son patelin à qui ont donne le droit et le devoir de torturer des gens dont il ne comprend pas la langue ! (ndlr : Abou Ghraib ou les centre de tortures installés par la C.I.A).
Une autre question subsidiaire…Pourquoi n’être pas intervenu en Afrique du Sud quand il y avait la ségrégation ? Ou en Amérique Latine du temps des dictateurs marionnettes ? Je crois bien qu’au Rwanda les libertés étaient plus que menacées ? Étant donné le massacre qu’il y eut ?…

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